Chaque année, la fête de la musique réunit des centaines de milliers de personnes partout en France. Et pour cause, l’enchaînement de notes, le rythme et la fréquence des sons font que la musique a le pouvoir d’impacter fortement sur notre humeur, des mélodies dramatiques qui accompagnent nos chagrins aux musiques modernes qui entraînent nos excentricités les plus folles. Mais les effets de la musique ne s’arrêtent pas là, ils s’appliquent également au corps et au mouvement. Ainsi la danse en est un parfait exemple. C’est également le cas avec l’activité physique. C’est notamment l’une des raisons pour laquelle des cours collectifs sont généralement réalisés avec musique et qu’une musique assez forte est souvent présente en salle de fitness. Oui, mais… Nous sommes tous différents et tout le monde sait que les goûts et les couleurs sont très personnels. Ainsi, il serait intéressant de savoir si la musique impacte réellement nos performances sportives et si oui, est-ce qu’une même musique aura le même impact positif sur tout le monde ?

En 2019, des chercheurs américains ont demandé à des pratiquants de musculation de réaliser une série à l’échec au développé couché avec leur musique préférée et avec une musique qu’il n’aimait pas. Résultat, le nombre de répétitions réalisées avec la musique préférée était supérieur. Par manque de groupe contrôle, ces résultats indiquent surtout que s’entraîner avec une musique que l’on n’aime pas peut avoir un impact négatif sur notre séance de musculation. Et puisque les gains en musculation se font surtout sur le long-terme, quelques reps de plus sur chaque série, à chaque séance feront toute la différence au bout de quelques mois.

En 2010, par contre, d’autres chercheurs se sont intéressés à la performance en endurance en cyclisme. Ils ont ainsi observé 3 conditions : avec musique préférée, avec musique non-préférée et sans musique. Les cyclistes ont parcouru la plus grande distance avec la musique préférée. En 2013, des chercheurs néerlandais ont observé le même phénomène en course à pied. Les participants devaient courir le plus longtemps possible sans s’arrêter, sans musique, avec un métronome dont la cadence correspondait à la cadence de course et avec métronome et musique dont la cadence correspondait à la cadence de course. Lors que le stimulus acoustique était calqué sur la cadence du coureur, celui-ci courait 2 minutes de plus.

D’autres études n’ont pas démontré d’effets positifs de l’écoute d’une musique sur la performance sportive en soi, mais elles ont tout de même observé une sensation de fatigue perçue plus faible et une plus grande motivation. Enfin d’autres études se sont intéressées à la stratégie d’écouter de la musique avant un effort. Malheureusement, les résultats sont contradictoires et montrent une tendance sur les efforts de force plutôt que sur les efforts d’endurance.

La conclusion à tout cela est qu’il est important que vous testiez par vous-même quelles sont vos préférences. Si vous pouvez faire abstraction de la musique ambiante, vous pouvez toujours faire le test d’écouter vos musiques préférées pour voir si vous faites mieux. A l’inverse, si la musique ambiante d’une salle vous insupporte, il y a de grandes chances que cela se reflète sur vos performances du jour. Il sera donc préférable de vous isoler acoustiquement grâce à une playlist bien construite. Enfin, si vos goûts en matière de musique sont éclectiques, choisissez bien les musiques que vous écouterez en fonction de votre effort. Sur les efforts d’endurance, par exemple, une musique dont le rythme serait proche de votre cadence de course sera préférable.

Bon entraînement !