Comment choisir sa chaussure de sport ?

C’est l’élément commun à de nombreuses disciplines sportives, et peut-être le plus important, alliant confort et performance, la chaussure de sport est presque indispensable à la pratique d’une activité physique. Mais comment choisir la bonne paire ?

Lorsque le moment d’investir dans une nouvelle paire de chaussures de sport se fait sentir, la tâche s’avère très rapidement compliquée tant le choix est important et tant les chaussures semblent être devenues un concentré de technologies de pointe, mélange de sciences des matériaux et de biomécanique.

En plus du choix spécifique à l’activité que vous pratiquez, les fabricants proposent depuis quelques années de nombreux modèles différents en fonction de l’amorti que vous souhaitez, du terrain sur lequel vous évoluez généralement et de votre morphologie. Cela devient rapidement un sacré casse-tête et on peut légitimement se demander quelle est la part du marketing dans tout cela. Ces quelques pages ont pour but de vous permettre d’y voir plus clair.

L’ANATOMIE DU PIED

Commençons tout d’abord par décrire le pied. Car c’est bien avec lui que tout commence. Il est en contact « direct » avec le sol et il nous permet d’avancer tout en fluidité grâce à sa mobilité.

Bien que tous les humains aient deux pieds, tous les pieds ne sont pas identiques. La principale variable est la voûte plantaire et son arche. Celle-ci peut être plus ou moins prononcée, et 3 grands types de pied ont été définis à partir de sa forme géométrique : le pied dit normal, le pied creux et le pied plat (voir Figure 1).

Figure 1. Les 3 principaux types de pied : le pied creux qui implique une voûte plantaire très haute, le pied normal où la voûte plantaire est normalement courbée et le pied plat, où la voûte plantaire est totalement affaissée.

Ces 3 types de pied sont donc caractérisés en fonction de l’affaissement de la voûte plantaire. Pour savoir quel est votre type de pied, il suffit de mouiller vos pieds et de les poser sur une feuille de couleur. Vous obtiendrez ainsi une empreinte précise montrant les zones du pied qui sont en contact avec le sol. Votre empreinte correspondra plus ou moins à l’une des 3 représentations illustrées dans la Figure 1.

LES TYPES D’APPUI DU PIED

A ces 3 types de pied correspondent 3 types d’appui de pose du pied au sol. Les personnes possédant un pied de type creux auront tendance à marcher sur l’extérieur du pied, appui supinateur. Les personnes avec les pieds plats marcheront sur l’intérieur du pied, appui pronateur. Enfin, les personnes possédant un pied normal auront un appui dit universel (voir Figure 2). Visuellement, vous pourrez vous en rendre compte en regardant l’état d’usure de vos semelles de chaussures.

Les appuis pronateur et supinateur peuvent, à terme, induire des blessures au niveau de la cheville et du genou. Or, lorsqu’on utilise beaucoup ses pieds, et c’est bien le cas dans de nombreux sports, il est très important de se protéger.

Figure 2. Les différents type d’appui du pied : le pied pronateur qui déroule le pied sur l’intérieur, le pied universel, qui déroule d’arrière en avant dans l’axe du pied et le pied supinateur qui déroule le pied sur l’extérieur.

LA CHAUSSURE DE SPORT

C’est justement le rôle de la chaussure de sport. Elle est censée amortir les chocs, maintenir le pied, mieux adhérer au sol et limiter les petites blessures. Alors justement, les 3 types d’appui reviennent régulièrement dans le descriptif des chaussures de sport. Idéalement, ces modèles de chaussures adaptées permettraient de réduire les blessures en s’adaptant à votre pied. Seulement voilà, il semblerait que ce ne soit pas vraiment le cas. La plupart des études scientifiques sur le sujet n’observent pas de réduction du taux de blessures en portant des chaussures adaptées. Même les semelles orthopédiques n’aideraient que très peu à réduire les risques. Car si la course à pied est une activité sportive de plus en plus pratiquée chaque année. La fréquence des blessures augmente également, elle se situerait entre 30 et 75% par an, selon plusieurs études.

Évidemment, les causes de ces blessures sont multifactorielles : surpoids, sexe, blessures antérieures, anormalités biomécaniques, chaussures utilisées, souplesse, force, intensité, durée et fréquence des séances d’entraînement, etc. Pourtant, depuis plus de 30 ans, le nombre de blessures liées à la course à pied n’a pas significativement diminué malgré le fait que les chaussures de sport se soient énormément modernisées avec des systèmes de maintien et d’amortis très poussés. L’amorti se situe généralement dans la semelle intermédiaire (voir Figure 3). C’est là où réside le concentré de technologies censées augmenter le confort et réduire les risques de blessures liés aux impacts répétés.

Figure 3. La différence de conception de semelle pour une chaussure de sport classique et une chaussure minimaliste. Dans cette dernière, la semelle intermédiaire est supprimée.

Le problème est que cette hyper-protection semble réduire la proprioception de notre système musculo-squelettique, c’est-à-dire que notre corps fera moins attention, puisque grâce à la chaussure, nous pourrons percuter le sol de manière très forte sans problème. Cela entraînerait une perte du tonus musculaire, et in fine divers blessures. Pour palier à cela, la tendance « minimaliste » est (ré)apparue. Le concept est que l’homme a toujours marché pieds nus, et que notre corps est tout à fait capable de gérer les chocs lors de la marche ou de la course à pied. La caractéristique principale d’une chaussure minimaliste est qu’elle ne possède pas de semelle intermédiaire (voir Figure 3).

LA POSE DU PIED

Une étude a montré que notre corps gère très bien notre course en réduisant les impacts de manière optimale. Lors de différentes comparaisons en laboratoire, des scientifiques ont montré que courir pieds nus permettait de réduire autant les impacts de la course à pied que lors d’une course avec chaussure. En absence d’amorti sous le talon, notre corps modifie sa façon de poser le pied au sol. C’est l’avant du pied qui vient se poser en premier, ainsi le choc est amorti par toute la jambe.

Ainsi, parmi les coureurs, trois types majeurs de pose du pied sont rencontrés : le premier contact avec le sol se fait soit par le talon, soit par l’avant du pied, soit par une pose du pied presque à plat (voir Figure 4). Bien sûr, cette catégorisation est difficile et pour un même coureur, la pose du pied changera selon la vitesse, la chaussure, la fatigue, etc. Une pose du pied du style FFS est généralement observée avec le port de chaussures dites minimalistes ou en course pieds nus.

Une étude récente a montré que la meilleure façon de diminuer le taux de blessures est de faire attention à sa façon de courir avec pour objectif de diminuer la force des impacts au sol, et pour cela, courir en posant l’avant du pied en premier semble être une meilleure solution. Cependant, de nombreux coureurs qui posent le talon en premier ne se blessent pas voire très peu. Cela peut signifier que ces coureurs ont une meilleure façon de courir, et qu’une bonne technique de foulée est adoptée par la personne et adaptée en fonction de ses caractéristiques anthropométriques.

Figure 4. Les différentes poses du pied lors de la marche ou de la course à pied. Lorsque la pose du talon se fait en premier, un premier pic de force apparait. Alors que lorsque la pose du pied se fait par le milieu ou l’avant, l’impact au sol est plus amorti.

Finalement, cette étude supporte l’idée que les coureurs devraient faire plus attention à comment ils courent plutôt qu’à ce qu’ils portent à leurs pieds !

Attention néanmoins à la transition d’un type de pose du pied à un autre. Courir en posant l’avant du pied en premier, comme c’est souvent le cas, pieds nus ou avec des chaussures minimalistes nécessite un temps d’adaptation. C’est une course à pied plus exigeante au niveau des mollets, car ce sont les muscles de la jambe qui permettent l’essentiel de l’amorti lors de la pose du pied au sol et qui contrôle la dorsiflexion de la cheville tout au long de la foulée.

Un coureur qui ne sera pas habitué à ce type de pose du pied pourra éventuellement souffrir de tendinites au niveau du tendon d’Achille, plus fortement sollicité, et de diverses douleurs au niveau du pied. Il est donc très important de changer le style de course de manière très progressive en termes de temps, de durée et d’intensité.

Mais alors, que choisir ?

Quelque soit la chaussure et la technologie qu’elle embarque, ce sera toujours vos muscles qui vous feront avancer. Il est primordial de choisir votre paire de chaussures en fonction de votre activité et de vos pieds.

Le premier critère est le confort. Pas le confort lié à l’amorti, mais le confort lié à votre pied et à la place qu’il a à sa disposition une fois chaussé. Si vous partez pour un marathon avec une chaussure mal adaptée à votre morphologie en longueur ou en largeur, la majorité de la course sera un enfer. Essayez les chaussures, utilisez-les, faites qu’elles épousent parfaitement vos pieds : une paire neuve n’est jamais la meilleure paire pour une échéance sportive.

Le second critère est votre activité. Est-ce un sport d’endurance ou un sport nécessitant des appuis rapides, et des courses brèves et intenses ? Est-ce un sport de salle ou d’extérieur ? Quelle est la nature du terrain sur lequel vous évoluez ? Ce sont autant de questions qu’il faut vous poser. Avec amorti ou minimalistes, les chaussures devront être parfaitement adaptées au terrain. Et pour cela, le critère essentiel est la semelle d’usure. Sa géométrie et les caractéristiques du matériau qui la compose devront vous permettre de pratiquer en toute sécurité. Gardez à l’esprit également qu’une chaussure avec peu ou pas d’amorti sera plus réactive. Pour les activités avec sprints et sauts, choisissez une chaussure minimaliste. Pour les autres activités, faites votre choix en fonction de vos entraînements, de vos ressentis et de vos tests.

POUR CONCLURE

Ne vous laissez pas happer par les sirènes du marketing. Vous l’aurez compris, finalement le bon choix d’une paire de chaussures de sport ne réside pas dans son système d’amorti ni dans son adaptation à votre type d’appui. Finalement, le seul critère lié à la chaussure sera un critère de taille, de confort et d’adéquation à votre pratique sportive.

La partie la plus importante reste votre façon de courir et votre pose du pied lors de la course. N’hésitez pas à contacter un coach sportif spécialiste de ces questions pour corriger votre façon de courir si le besoin se fait sentir.

Encore plus d'Articles

Réduire l’inflammation chronique grâce à l’exercice

L’inflammation est une réponse de notre système immunitaire pour faire face à une agression (externe ou interne). Elle est nécessaire pour le bon fonctionnement de …

En savoir plus...
coeur et sport

Mettre du cœur à l’ouvrage

L’activité physique pratiquée régulièrement a des effets positifs sur la fonction cardiaque A court terme Une fréquence cardiaque de repos et à l’effort moins élevée : …

En savoir plus...

Perdre du poids : le HIIT est-il la solution miracle ?

Même si cela peut paraître surprenant, le débat sur l’efficacité de l’activité physique pour la perte de poids (et la perte de masse grasse en …

En savoir plus...
Retour haut de page

Votre message a bien été envoyé.