Depuis quelques années, de nombreuses études scientifiques ont mis en évidence que notre état de forme physique influence notre mental et nos capacités cognitives. Par exemple, l’activité physique permet de réduire le risque de démence et diminuer les symptômes de dépression. Et chez des personnes en bonne santé, elle permet de booster les performances cognitives, et ce, quel que soit l’âge. De plus, certaines études montrent que l’activité physique est liée à un changement dans la structure cérébrale.

Quand on sait que selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la démence est une épidémie globale qui compterait environ 50 millions de personnes dans le monde (avec 10 millions de nouveau cas chaque année…) et dont le coût économique global serait estimé à 818 milliards par an, l’activité physique en prévention semble une belle solution.

Une étude parue en 2020 a d’ailleurs montré que le niveau cardiorespiratoire était lié avec le volume cérébral total et le volume de matière grise. En version simple, plus le cardio était élevée et plus la tête était bien remplie. Toutefois, cette étude ne permet pas de savoir si c’est l’élévation du cardio qui permet d’augmenter la matière grise ou si une personne avec plus de matière grise aurait tout simplement de meilleures aptitudes à booster son cardio…

D’autres études qui ont observé des bénéfices sur l’activité cérébrale n’ont pas pris en compte d’autres paramètres, tels que l’âge, le sexe, la pression artérielle, etc. Par exemple, le sport est associé à une tension artérielle basse. Si une étude démontre qu’un haut niveau de cardio est associé avec une meilleure activité cérébrale, on pourrait tout simplement penser que c’est la plus faible tension artérielle qui est responsable de ces bienfaits.

Cependant, une étude sur plus de 1200 personnes a étudié le lien entre le niveau de forme physique (un test de marche sur 2 minutes), la structure cérébrale (notamment l’activité de la matière blanche) et différentes activités cognitives, tout en prenant en compte des facteurs tels que l’index de masse corporelle, la pression sanguine, l’âge, le niveau d’éducation et le sexe. Résultats ? Ceux qui parcouraient la plus grande distance sur 2 minutes de marche réussissaient le mieux aux tests cognitifs, quel que soit leur âge, leur sexe, leur indice de masse corporelle ou leur tension artérielle.

Ainsi, l’inverse est vrai. Les chercheurs ont mis en évidence que même chez de jeunes personnes, l’activité cérébrale est diminuée si l’état de forme physique est faible. Il ne faut donc pas penser que seules les personnes âgées sont impactées par les problèmes cognitifs, cela commence dès le moment où nous n’entretenons plus nos capacités physiques.

L’activité physique sous toute ses formes est une solution idéale pour entretenir et améliorer nos capacités physiques et tous les processus physiologiques sous-jacents. Mais de plus en plus d’études prouvent aujourd’hui et permettent de mieux comprendre l’impact tout aussi important de l’activité physique sur notre mental.

Références :

  1. Opel et al. (2019) White matter microstructure mediates the association between physical fitness and cognition in healthy, young adults. Scientific Reports.
  2. Wittfeld et al. (2020) Cardiorespiratory Fitness and Gray Matter Volume in the Temporal, Frontal, and Cerebellar Regions in the General Population. Mayo Clin Proc.